PETITE CHRONIQUE N°3 DU PLU ANNONCE : LA ZONE UE

PETITE CHRONIQUE N°3

 DU PLAN LOCAL D’URBANISME ANNONCÉ

 

Voisines et voisins, citoyennes et citoyens du Vésinet, vénérables conseillés municipaux, estimables adjoints, très respecté Maire,

Pour mémoire : rappel de la recette du « crabe cuisson douce » (…déjà proposée en tête de notre chronique N°2 récemment parue sur notre Blog !)

Lorsque, pour le cuire, on plonge brutalement un crabe dans l’eau bouillante, forcément, il crie. Pour éviter ce désagrément, la recette du « crabe cuisson douce » consiste à déposer celui-ci délicatement dans une casserole remplie d’eau froide légèrement salée (on peut y ajouter, au choix, un brin de thym et quelques feuilles de laurier…). Le crabe soupire d’aise.

Faites monter l’eau doucement en température…jusqu’à ébullition.

Le crabe cuit, …et meurt sans s’en apercevoir…que dis-je : heureux ! Enfin c’est ce qui est communément admis : il n’a jamais été consulté…

Toute analogie avec l’évolution annoncée de notre commune ne saurait, évidemment, venir que d’un esprit malveillant.

Nous traiterons aujourd’hui de la « ZONE UE »

Cette proposition de création d’une zone de 30,5 hectares, située côté extérieur du Boulevard de Belgique, sur les franges Nord de la commune, qualifiée dans le PLU de « quartiers résidentiels resserrés » est « sortie du chapeau » en fin d’études. Elle concentre la critique d’une grande partie de la population de ce secteur, mais également celle de tous les défenseurs du site du Vésinet dans sa globalité.

 Examinons le projet …

Les principes règlementaires retenus conduisent à transformer une grande partie de la zone Nord du Vésinet en une zone de « petits collectifs », ou en termes plus doux « d’habitat intermédiaire » (R+1 + comble au maximum) et pour l’essentiel :

  • Hauteur à l’égout du toit : 7 mètres
  •  Hauteur de faîtage : 10 mètres
  • Façade : 20 mètres maximum de longueur

Le principe est à la mode. Il est expérimenté, semble-t-il avec succès, depuis plusieurs décennies dans nombre de communes périurbaines. Certaines grandes maisons unifamiliales de ce secteur approchent par ailleurs de telles caractéristiques en gabarit.

Il n’y aurait donc, à priori, pas lieu de s’alarmer, dixit notre très respecté Maire.

Traduisez : Nous aurions le choix entre « La recette du crabe… » ou « Dormez bien les petits »

 sauf que … 

En supprimant le COS (coefficient d’occupation des sols) actuellement applicable et,

  •  en s’en remettant aux seules règles des gabarits non suffisamment définis,
  • en ne pouvant contrôler la taille des logements,
  •  en ne prévoyant que 25% d’espace verts en pleine terre (les 25% restant pour atteindre les 50% d’emprise maximum au sol étant voués inévitablement au stationnement des véhicules en sous-sol),
  • en laissant la possibilité d’alignements sur rues,

 alors …

  • on réduit de manière radicale les superficies des espaces extérieurs plantés et donc de la couverture arborée qui est une des caractéristiques essentielles de la commune,
  • on construit, sur rue, par regroupement de plusieurs parcelles, des continuités de fronts bâtis (à l’alignement ou retrait de 5 mètres), en séquences de 20 mètres,
  • on réduit de façon drastique, le nombre et la taille des transparences et des vues indispensables vers les jardins situés à l’arrière des maisons, transparences qui sont une des autres caractéristiques fondamentales du Vésinet,

 Bref, on change totalement la physionomie d’un secteur inscrit, rappelons-le, au titre des «Monuments naturels et des sites de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque » (arrêté du 10 juillet 1970), inscription réduite par ailleurs, avec condescendance et dédain, à un simple « site pittoresque » dans les documents…

En outre, augmenter fortement la densité de logements dans un secteur excentré, pourvu de voiries étroites déjà encombrées par le stationnement des voitures, générant des flux supplémentaires dans les voiries adjacentes, sans sorties, est tout simplement injustifiable et surtout irresponsable.

 La seule justification qui aurait pu être avancée est celle d’une cohérence recherchée par adossement aux quartiers limitrophes de Montesson et de Chatou, de densités (actuelles ou futures ?) comparables, conjugué avec des voiries et des sorties à la mesure de l’accroissement de la population de ces ensembles. Mais là encore, l’examen de ces territoires montre qu’il n’en est rien.

 La nouvelle zone UE se présentera donc, à terme,   comme un quartier visuellement dense, étiré en forme de croissant, constitué de petits immeubles contigus, pour leur majorité alignés sur rues, sans dessertes adaptées, entouré presque complètement de zones résidentielles vertes et aérées...

 Avec quel objectif ? Pour combien de logements ? De quels types ? Pour satisfaire les représentants de l’Etat qui font pression pour que l’on densifie partout ? Pour satisfaire les promoteurs ?   

Imaginer, par ailleurs, qu’il serait possible dans ce secteur de répondre aux sollicitations légitimes de l’Etat en matière de logement social, sans aides massives (de qui ?), semble relever du pur fantasme et génèrera l’accroissement sans fin des pénalités dues par la commune. Car en effet, plus on densifie une zone dans laquelle le coût du foncier rend irréaliste la création de logements sociaux, plus on s’écarte des objectifs minima imposés en la matière. En d’autres termes, la zone UE va aggraver notre problème de logement social.

Il est possible que l’application de telles règles sur ce secteur (actuellement entièrement construit) n’entraîne qu’une transformation lente du quartier ; il existe cependant des parcelles suffisamment grandes pour que des transformations ponctuelles se fassent rapidement, entraînant une perte irrémédiable de valeur des maisons adjacentes. Par ailleurs, il n’est pas exclu que, dans l’état actuel de pénurie de logements, des offres de promoteurs suffisamment alléchantes sur des ensembles de parcelles puissent entraîner des mutations rapides de pans entiers du quartier. Dans cette hypothèse, c’est l’ensemble de la zone et les zones limitrophes qui seront dévalorisées.

L’enjeu est donc d’importance et dépasse très largement cette zone. Les justifications données à sa création sont inacceptables.   

Les quartiers compris dans la zone UE ont depuis bien longtemps une densité supérieure à celle d’autres secteurs de la commune et ce pour des raisons qui tiennent à l’histoire même du Vésinet. Cela étant, les municipalités qui se sont succédé depuis des générations ont toujours été vigilantes et ont réussi à faire en sorte que la situation ne se dégrade pas. Le résultat est que ces quartiers ont gardé leur charme, leurs espaces verts et peuvent revendiquer, haut et fort, en toute légitimité leur appartenance à notre Ville-Parc.

Pourquoi les sacrifier ? Pourquoi nos élus, par avance, baissent ils les bras,  pourquoi abdiquent-ils sans combattre ?

Citoyennes, citoyens, réveillons-nous !

D’autres solutions sont possibles ! Exigeons l’abandon de la zone UE !

 ERGIBEL – Architecte – Urbaniste

A venir :

  • L’Aire de mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine : un document capital – un impératif pour le PLU !
  •  bandon des surfaces minimales de terrains : un risque mortel !
  • Le logement social : quelle stratégie ?
  • Parlons jargon : PLHI-PADD-PLU-COS…

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