LE VESINET, UNE VILLE-PARC, TOUT EST LIE!

LE VESINET, UNE VILLE – PARC

TRANSPORTS INDIVIDUELS ET COLLECTIFS – PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT ET DU PATRIMOINE- ECONOMIE D’ENERGIE – DEVELOPPEMENT DURABLE – URBANISME

TOUT EST LIE!

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Qu’on le veuille ou non, de quelque manière qu’on aborde les problèmes soulevés par l’évolution de notre ville et des communes avoisinantes, tout nous ramène au concept fondateur du Vésinet – « une Ville dans un Parc » – que des générations d’habitants et d’équipes municipales ont mis en œuvre et, jusqu’ici, vaillamment défendu à travers une succession de combats, dont le dernier, lors des dernières élections municipales.

Nous ne ferons pas ici l’histoire de ce concept, né au Vésinet au milieu du XIXème siècle dans un mélange d’utopie et d’intentions spéculatives, qui s’est transformé  rapidement en un modèle d’urbanisme, précurseur, en Angleterre, du concept de « Garden-City » qui devait, au début du XXème siècle, se diffuser en France, puis dans le monde entier.

Mais le fait est là : Le Vésinet est bien « un idéal à poursuivre »[1], un modèle d’exception tant sur le plan historique que sur celui de la qualité de vie. Les habitants du Vésinet le savent bien et ceux des communes voisines aussi, qui viennent souvent profiter des pelouses et des arbres du Vésinet…

Mais qu’en est-il pour les élus de communes voisines du Vésinet, représentants de ces communes à la CCBS, qui devraient protéger eux-aussi ce modèle et permettre son maintien et son développement en tant que patrimoine commun ? Il est malheureusement permis de douter de leur volonté, et de celle de la CCBS, de préserver cette ville-parc quand on voit l’incompréhension et les réactions d’hostilité que suscitent les mesures prises et les solutions proposées par la Municipalité du Vésinet pour  faire face aux très graves problèmes posés par le passage des bus de la ligne 19 dans des rues du Vésinet, absolument inadaptées à ce type de transport collectif.

Car ne nous y trompons pas, au-delà des problèmes fondamentaux de sécurité publique que pose l’itinéraire actuel de la ligne 19 au Vésinet, c’est le modèle d’urbanisme de notre commune qui est attaqué de front par le passage de ces gros bus de 12 m de long, 2,50 m de large et 11 tonnes à vide, à raison de 47 passages/jour.

En effet, permettre, comme c’est le cas aujourd’hui à n’importe quelle voie de 3ème ou 4ème catégorie d’être de facto considérée comme voie de 1ère catégorie, comme le fait la CCBS, c’est tout simplement :

  • en premier lieu, nier la nature, la vocation et la hiérarchie des voies urbaines qui ont présidé au modèle d’urbanisme de notre commune ;
  • ensuite, provoquer la destruction progressive des zones résidentielles qui sont, rappelons-le, protégées au titre de site inscrit,  pour permettre le passage de  gros bus (qui seront nécessairement à l’avenir toujours plus nombreux) ;
  • enfin – et là c’est un comble ! – c’est aussi s’opposer aux principes mêmes du Plan Local de Déplacement (PLD), que ces mêmes élus ont approuvé et voté à la quasi-unanimité[2], qui réserve les lignes de bus dites  structurantes » aux seules voies départementales ou de 1ère catégorie.

Quand de surcroît la CCBS conteste les conclusions même de l’enquête publique du PLD, en répondant que, sur ce parcours et de son point de vue, « les questions de sécurité publique sont prises en compte et solutionnées»[3], elle s’arroge des compétences et un droit qu’elle n’a pas. Doit-on rappeler que le maire du Vésinet est seul (comme chaque maire sur sa commune) juridiquement et pénalement responsable de la sécurité publique.

Il est tout à fait légitime et nécessaire que les habitants des communes voisines du Vésinet puissent accéder par transports collectifs aux stations du RER A que notre commune a la chance – en en ayant aussi les inconvénients – d’accueillir sur son territoire. C’est un impératif autant économique qu’environnemental de diminuer l’utilisation des transports individuels. Mais cela ne peut pas se faire au prix de la mise en danger des habitants du Vésinet, ni à celui de la désintégration inéluctable de son modèle d’urbanisme.

QUELLES SONT LES SOLUTIONS ?

 Le passage de petits bus de 8m

Permettre leur passage, avec pour corollaire leur multiplication, dans  les quartiers résidentiels ? Pourquoi pas ? Cela pourrait être une solution d’avenir qui aurait l’avantage de conjuguer à la fois déplacements de proximité et déplacements de transit, mais cette solution ne serait possible qu’à au moins trois conditions :

  1. qu’elle réponde aux impératifs de protection de l’environnement, d’économie d’énergie et de développement durable ;
  2. qu’elle soit économiquement viable ;
  3. qu’elle réponde en volume et en fréquence aux besoins de déplacement de la population actuelle des communes avoisinantes … mais aussi à celle de leur population à venir, inévitablement croissante .

La première  condition pourrait recevoir une réponse très positive sous la forme de l’utilisation de bus électriques. Mais il s’agit là d’une réponse à moyen voire à long terme qui est inenvisageable aujourd’hui faute de moyens.  Aujourd’hui la multiplication du passage dans les rues du Vésinet de petits bus à moteur diesel serait un contre-sens en terme d’environnement et pourrait encore augmenter les risques pour la sécurité et la santé des riverains.

Quant aux deux autres conditions, force est de constater qu’à l’heure actuelle aucune réponse n’y  est donnée, de sérieuses objections ont même été avancées par une majorité de maires de la CCBS.

Solution AK

Dans l’immédiat donc, seule la solution dite AK : itinéraire par la route de Sartrouville et le Rond-point de la République, (avec transitoirement si nécessaire, pour permettre la mise en œuvre de travaux au Rond-point de la République, la mise en œuvre provisoire de la solution dite AK bis), est susceptible de répondre aux graves problèmes soulevés actuellement par la Ligne 19. Cette solution  a l’avantage important de desservir à court terme, à surtout à moyen et à long terme beaucoup plus d’usagers, et est soutenue par la quasi-totalité des associations et la Mairie du Vésinet , avec pour les usagers une augmentation de temps de parcours très faible, de l’ordre de moins de 4 minutes par rapport à celui de l’itinéraire actuel[4]. (Ce faible différentiel de temps se réduisant encore jusqu’à devenir négligeable, si l’itinéraire actuel de la Ligne 19 était maintenu, car dans cette hypothèse, la municipalité du Vésinet se verra très certainement dans l’obligation d’installer d’importants dispositifs de ralentissement pour répondre aux problèmes de sécurité publique posés par le passage des bus).

La solution AK ne s’oppose donc  pas à celle des petits bus.

  • La première est une solution efficace et réaliste à court terme ;
  • La deuxième est vraisemblablement une solution d’avenir, sans doute, en complément (en dehors des heures de pointe) et non en substitution de la première et pour autant que des bus électriques soient substitués aux bus diesel.

Comme on le voit, transports individuel et collectif, protection de l’environnement et du patrimoine, économie d’énergie, développement durable et urbanisme : tout est lié. Les réponses à apporter aux problèmes posés par l’évolution et le développement de nos communes doivent nécessairement  être issus d’échanges et de compromis. Mais aucune ne peut faire une impasse totale sur une de ces composantes.

Encore faudrait-il que les élus de la CCBS aient suffisamment de lucidité, sachent montrer la hauteur de vue que leurs électeurs attendent réellement d’eux, ne montent pas leur population les unes contre les autres, fassent taire leur querelles politiques ou personnelles et, enfin, fassent preuve de professionnalisme, au lieu de s’arc-bouter sur des positions indéfendables.

En ces temps de profond scepticisme vis-à-vis de la classe politique, est-ce encore trop leur demander ?

Ergibel,

Architecte-urbaniste

Pour SAUVER LE VESINET

[1] Selon la formule des Cahiers de l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme d’Ile-de-France (n° 165), suite au colloque international  sur les « cités jardins », tenu à Paris, les 25, 26 et 27 avril 2013.
[2] A l’exception du Vésinet (précédente équipe municipale) pour ces raisons mêmes.
[3] Voir : CCBSRéponse du maître d’ouvrage au procès-verbal de synthèse des observations du public dans le cadre de l’enquête du Plan Local de Déplacement. p. 5.
[4] Résultats des derniers tests contradictoires effectués le 26 septembre 2013, en heures pleines, avant l’aménagement des feux et dans des conditions encore contestables. Avec un investissement modeste réalisé sur ces feux, ce temps pourrait être facilement réduit à moins de 2 minutes.

8 réflexions sur “LE VESINET, UNE VILLE-PARC, TOUT EST LIE!

  1. « Nous ne ferons pas ici l’histoire de ce concept, né au Vésinet au milieu du XIXème siècle dans un mélange d’utopie et d’intentions spéculatives, qui s’est transformé rapidement en un modèle d’urbanisme, précurseur, en Angleterre, du concept de « Garden-City » qui devait, au début du XXème siècle, se diffuser en France, puis dans le monde entier. »
    Pourquoi ne pas essayer de faire inscrire le Vésinet au Patrimoine de l’humanité? On y a bien inscrit des villages moins originaux et cela renforcerait son caractère de ville classée
    D’autre part que faisons nous dans la CCBS, sinon subir l’hostilité des autres communes? N’y a til pas un moyen d’en sortir?

  2. Tout à fait d’accord pour sortir de la CCBS. Mais, en attendant, la municipalité ne pourrait-elle pas créer un système de sens uniques qui rendrait le parcours actuel des bus beaucoup plus lent que la solution AK. Il est de certains imbéciles qu’on ne peut convaincre qu’à coups de bâtons.

  3. Bien sûr la solution des petits bus de 8 m permet de se rassurer. Elle est officiellement consensuelle. Au recours de la CCBS près. Mais déjà Jean-Francois Bel nous explique que dans le fond obtenir des bus de 10 m serait déjà un bon compromis à la réunion de l’AVNR. 25 cm de moins en largeur et 2 m de moins en longueur. Si cette solution était financièrement viable comme le pense l’AVNR, ne serait-elle pas une solution de dupes ? Seule la solution AK est vraiment pérenne et répond aux critères du PLD.

  4. Je vous signale tout de même qu’il ne s’agit pas de 47 passages de bus par jour mais, au moins, de 94 plus la ligne 7 qui s’égare 2/3 fois par jour rue des Merlettes plus les bus qui amènent les scolaires et les équipes au Stade des Merlettes plus…etc: voilà une analyse qui illustre bien le réveil tardif 5/6 ans après de quelques privilégiés qui avaient négligé, soulagés peut-être, le cauchemar vécu rues Watteau/ des Merlettes etc…Merci de prendre en compte, avec la municipalité que vous avez fait élire, TOUS les aspects de cette question

  5. Voici un résumé très réaliste de ce qui se passe au Vésinet nord et on ne pourra pas dire que les riverains se plaignent pour rien ! Je ne comprends pas votre mention de réveil tardif 5/6 ans après de quelques privilégiés. Je vous rappelle que le Collectif KLM s’est battu pendant des années pour tenter de faire cesser cette situation et faire dérouter les bus sur les voies appropriées. Vous vous souviendrez certainement de tous les tracts et pétitions qui ont circulé à l’époque.

  6. Pensez aussi aux habitants de la route de Montesson et du boulevard Carnot qui subissent des passages de voitures et de bus intempestifs incompatibles avec la « Ville Parc » et qui n’en peuvent plus (surtout depuis que l’on connait l’impact sur la santé des gazs d’échappement).

    A quand un collectif pour dénoncer cette situation qui n’a que trop durée et y mettre fin (par exemple en n’autorisant ces axes qu’à des vélos) ?

    Quant au RER A, il génère également pour les riverains des nuisances insupportables, sans compter les dangers en cas de déraillement. Militons pour sa suppression pure et simple et transformons les voies en coulée verte.

  7. Bonjour à tous, je pense que c’est une question qui est difficile, car je comprends ceux qui ne veulent pas que le bus passe devant chez eux, et je comprends aussi les gens qui ont besoin de ces transports. Nous ça nous est arrivé, nos enfants devaient aller au Stade des Merlettes, et aucun bus les laissait assez près et ils devaient marcher beaucoup. Ça va quand il faut chaud ou quand il ne plaît pas mais c’est quand même dur pour eux.

    Je pense que la solution avec les petits bus c’est l’idéal, et s’ils sont électriques c’est encore mieux…

    Pour les vélos, moi je pense qu’aujourd’hui c’est un véritable DANGER tous ces collégiens et parfois des enfants du primaire en vélo… Et les riverains qui marchent sur la rue des ibis, l’horreur!

    Mais je sais que la solution n’est pas simple et un compromis est difficile à trouver

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