PETITE CHRONIQUE DU PLAN LOCAL D’URBANISME ANNONCÉ

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PETITE CHRONIQUE DU PLAN LOCAL D’URBANISME ANNONCÉ

Les pressions croissantes, environnementales, foncières, démographiques…, la densification urbaine de la région parisienne, l’absence de synchronisme entre les différentes études et documents émanant de multiples centres de décisions, l’instabilité dans laquelle notre système juridique de l’urbanisme semble être entré, ont des répercussions majeures sur l’ensemble des communes de la boucle de la Seine et soumettent les habitants ainsi que leur cadre de vie à des tensions grandissantes.

C’est dans ce contexte que les études du Plan Local d’Urbanisme du Vésinet (PLU) – qui doit remplacer son actuel Plan d’Occupation des Sols (POS) – entrent dans leurs phases décisives. Ces documents1 qui vont engager notre ville pour les 25 ans à venir sont d’une importance capitale.

A la veille de choix cruciaux2, la présente chronique se propose d’éclairer quelques un de leurs aspects les plus inquiétants.

UN PROJET DANGEREUX – UN LANGAGE PERVERTI ?

Voisines et voisins,

Citoyennes et citoyens du Vésinet,

Vénérables conseillés municipaux,

Estimables Adjoints,

Très respecté Maire,

Commençons cette chronique par ce qui parait le plus anodin mais est peut-être le plus symptomatique.

Si vous avez courageusement tenté de lire les documents de présentation du projet de PLU, ne vous êtes vous pas senti légèrement « anesthésié » et n’avez-vous pas éprouvé une irritation croissante devant l’accumulation des termes ésotériques, des phrases creuses, des déclarations emphatiques, des assertions péremptoires, des affirmations lénifiantes, des sigles obscurs, pour tout dire devant le charabia technocratique dont ces documents sont remplis ?

Voulez-vous quelques spécimens ? Vous en trouverez quelques uns, drastiquement limités et remisés en bas de page par égard pour vos méninges 3 et vous trouverez également ci-après, un petit glossaire des principaux sigles technico-administratifs. Cela peut aider (qui sait ?).

Mais, en fait, la question importante est : s’agit-il d’une simple et bénigne dérive de langage ou ne s’agit-il pas plutôt d’une « novlangue » volontairement compréhensible des seuls initiés et destinée à enfumer l’honnête citoyen pour l’amener doucement à accepter… l’inacceptable ?

Essayons d’y voir un peu plus clair ….

La technique dite « du salami enfumé »

Parmi les nombreuses techniques visant à nous faire prendre des vessies pour des lanternes, est utilisée dans ces documents celle dite « du salami enfumé » qui consiste à saucissonner le concept fondateur de Ville-Parc puis – par des mots soigneusement choisis et masquant la réalité du contenu – à « habiller » le tout pour faire avaliser un projet destructeur pour notre ville :

Par exemple, dans le projet de PLU, il est affirmé de façon péremptoire : « Le projet de PLU traduit la volonté indéfectible de maintenir la Ville-Parc » (PLU, page 7) Applaudissons !

En réalité, l’analyse des documents révèle ce que sera le fatal saucissonnage de notre Ville-Parc et, à terme, son irrémédiable démantèlement.

La première étapeconsiste à proposer son découpage en tranche, avec, en particulier :

  • une zone UF, élégamment dénommée « Ville-Parc intermédiaire » – en réalité, il faut comprendre : « à densifier » -, (elle-même divisée en zone UFa dite « proximité du centre-ville » et une zone UFb dite « quartier plus resserré »),
  • une ZONE UE qualifiée de « Quartier résidentiel resserré » – et là il faut comprendre : « à plus fortement densifier… »
  • enfin, une ZONE UG soit seulement 32 % de la superficie de la commune pompeusement rebaptisée du nouveau vocable de « Ville-Parc emblématique » (sic !),

La deuxième étape consiste à attribuer à chacune des tranches ainsi découpées des caractéristiques qui sapent définitivement, et sans le dire, les fondements de notre actuelle Ville-Parc.

Ainsi, par exemple :

  • il n’est plus fait référence aux tailles minimales des terrains pour l’ensemble du secteur résidentiel, à l’exception de la seule zone UG (parcelles de 2000m2 minimum),
  • la zone UE est en rupture profonde avec le POS actuel et en contradiction complète avec la protection dont elle bénéficie jusqu’à présent au titre de site inscrit.

Ainsi, moins d’un tiers de la ville correspondra au concept fondateur de Ville-Parc.

Où est donc passée cette fameuse et tonitruante « volonté indéfectible de maintenir la Ville-Parc » annoncée ?

Il est vrai que, sans doute pour faire passer cette potion très amère, le nombre des demeures dignes d’intérêt et, à ce titre, ne pouvant être détruites ou défigurées, passerait d’environ une centaine (POS, recensement 1992) à exactement …716 ! Activisme des plus suspect ! Quels sont les critères retenus pour ce nouveau classement ? Sur quelle proposition, de quelle commission compétente ? Les heureux propriétaires apprécieront, lorsqu’ils devront faire des travaux !

– Rappelons que Le Vésinet, site tout à fait exceptionnel, reconnu dans l’histoire de l’urbanisme tant à l’échelle nationale qu’internationale comme « Modèle d’Urbanisme paysager »4, est une unité territoriale complète, comprenant des espaces variés qui s’articulent et se complètent : parcs, pelouses, rivières, espaces habités de différentes densités, espaces de centralité…

– Rappelons que la totalité du Vésinet en tant que Ville-Parc fait l’objet de deux classements :

  • l’ensemble des lacs, rivières et pelouses est classé au titre des « Sites et monuments naturels » (loi du 12 mai 1930),
  • toute la zone résidentielle de la commune est inscrite au titre des « Monuments naturels et des sites de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque » (arrêté du 10 juillet 1970).

– Remarquons aussi, que les protections et les contraintes liées à ces classements, sont en très grande partie ignorées dans le projet de PLU, voire clairement contredites, mieux : à aucun moment ces classements ne sont rappelés dans les documents…

Citoyennes, citoyens, réveillons-nous !

ERGIBEL

Architecte – Urbaniste

A venir :

– Le logement : une stratégie funeste.

– L’abandon de certaines règles d’urbanisme et leur replacement par des règles non éprouvées : un risque à ne pas prendre.

– L’Aire de mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine : un impératif.

– La zone UE : des arguments fallacieux.

(A suivre)

1 PLU et Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) portés à la connaissance de la population. Voir le petit glossaire qui suit.

2 Le conseil municipal doit statuer sur ces études lors de sa prochaine réunion du 22 novembre 2012.

3 Répondre à « L’esprit du temps », à l’évolution de notre époque (?) – Accompagner le devenir des sites emblématiques (?) – Adapter en fonction de la réalité des formes urbaines dominantes (??) – Spatialiser et rendre opérationnelles les intentions (?) – Quand on n’a pas démontré préalablement sa dégradation (pardon sa déqualification), Requalifier (au choix) : un terrain, un espace public, un secteur à enjeux ( ?) Supprimer les règles devenues illégales, pardi !etc.

4 Voir « Le Vésinet, modèle d’Urbanisme Paysager », publié en 1988.


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